Langue coréenne et écriture chinoise.
– certains caractères ont été utilisés pour leur sens indépendamment de leur valeur phonique ;
– pour la représentation des flexions, on a utilisé des caractères également pour leur valeur phonique.
L’écriture chinoise s’est diffusée en Corée à partir du IVe siècle en liaison avec la propagation de textes bouddhiques. C’était initialement une écriture du chinois, qui a été bientôt utilisée également pour la transcription du coréen. Mais à la différence du chinois, langue isolante dans laquelle chaque caractère (ou groupe de deux caractères) correspond à une unité lexicale, le coréen est une langue agglutinante, peut-être apparentée au groupe des langues altaïques (turc, mongol, etc.) : la valeur et la fonction syntaxiques des mots sont marquées par des suffixes « agglutinés » au radical. Et l’écriture chinoise ne se prête pas d’emblée à la transcription de ces éléments inexistants en chinois.
Dans les premiers siècles de l’influence chinoise, le problème ne se posait pas : on parlait coréen, et on écrivait chinois. A partir du VIIe ou du VIIIe siècle, pour écrire le coréen avec les caractères chinois, on a élaboré progressivement un système complexe baptisé idu, qui reposait globalement sur les principes suivants :
– certains caractères ont été utilisés uniquement pour la valeur phonique qui leur est associée indépendamment du sens ;
A un mot pouvait donc correspondre une suite de caractères utilisés de façons différentes.
